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J'ai commencé cette peinture par une journée calme en studio, le genre de journée où le temps s'écoule lentement et la lumière reste constante. Ces jours-ci, je peins généralement tous les jours, de la fin de la matinée jusqu'en fin d'après-midi, lorsque la lumière est plus stable. Je garde les stores inclinés pour adoucir la luminosité qui entre par les fenêtres. La lumière naturelle peut parfois être trop forte, et cela affecte la façon dont je vois et travaille les couleurs.
Parfois, je peins en silence, mais le plus souvent, il y a quelque chose en arrière-plan. Ce peut être de la musique, un podcast ou un film que je n'écoute pas autant que je ne le regarde. J'évite tout ce qui a beaucoup d'action ou de dialogues intenses, je préfère quelque chose qui me permette de rester dans mon propre rythme. Ce que j'écoute dépend de mon humeur et du temps que j'ai passé dans une zone créative. Mais une fois que le pinceau commence à bouger, le reste a tendance à s'estomper.

#295 – « Étoiles sur le lac Louise »
Peinture de @jeffdillonfineart
Taille originale : 36" x 48", horizontale, Ratio : 3:4, achevée en juin 2025
Cette peinture s’est développée lentement sur quatre semaines, une fois le concept établi. Au début, elle était trop lumineuse. J’essayais de capturer la lueur subtile d’une pleine lune qui se trouve juste hors de vue. Ce genre de lumière est difficile à exprimer. Elle a une présence qui illumine doucement tout le paysage, créant forme et profondeur sans se montrer directement. Mais la toile continuait à dériver vers la lumière du jour. J’ai passé des heures à essayer de trouver le bon équilibre, atténuant les tons, approfondissant les bleus et permettant aux ombres de se former plus naturellement. Une fois que le ciel a finalement basculé dans la nuit, j’ai su que les étoiles suivraient.
J’ai toujours su qu’elles seraient la dernière partie.
Il y a une idée fausse selon laquelle les étoiles sont faciles à peindre. Un coup de peinture blanche et c'est terminé. Mais cela aurait complètement manqué le sentiment que je recherchais. Ce n'était pas censé être un ciel nocturne décoratif. Il devait avoir du poids. Il devait sembler réel, comme quelque chose dans lequel on pouvait entrer.
Alors, je les ai peintes une par une.

Les étoiles seules ont pris cinq heures. J'ai utilisé plusieurs pinceaux avec différentes pointes, selon la taille et la douceur dont j'avais besoin. Toutes les étoiles n'étaient pas blanches. Certaines tiraient vers l'ivoire ou le jaune chaud. D'autres avaient des tons plus froids — violet doux, bleu pâle, touches de gris. J'ai utilisé des touches de sarcelle, et même ajouté une petite étoile aux tons orangés pour représenter Mars. J'ai étudié des ciels de référence provenant d'endroits reculés, où l'on peut vraiment voir toute la gamme de lumière et de température. Chaque étoile pulse différemment. Je voulais que la toile capture cette complexité silencieuse.
Le défi était de lui donner un aspect naturel. Nous avons tendance à placer les choses selon des motifs sans nous en rendre compte. En travaillant, je me suis surprise à espacer les étoiles de manière trop régulière. J'ai dû continuer à travailler certaines zones jusqu'à ce qu'elles paraissent non structurées et crédibles. La nature a une sorte de chaos magnifique, et capturer cette qualité demande beaucoup plus d'intention que ce que les gens pourraient penser.
Même le reflet sur le lac devait être traité avec soin. Les étoiles au-dessus sont fortes, mais leur présence sur l'eau est plus douce et plus atténuée. Si je les reflétais trop audacieusement, cela aplatirait l'illusion. Je les ai peintes avec retenue, telles qu'elles apparaissent dans une eau calme réelle, faibles et scintillantes.

Ce à quoi je revenais sans cesse, c'était une sensation que je connais bien. Je marche souvent la nuit. Il y a quelque chose de spécial à la fin de la journée, lorsque le monde ralentit et que la lumière disparaît. Pendant ces promenades, je lève les yeux. Plus d'une fois, j'ai vu quelque chose d'inattendu, un faible satellite qui passe au-dessus, une étoile filante, la lune, une planète, ou simplement le calme d'un ciel clair. Ce sentiment de paix est quelque chose auquel je reviens, et il se retrouve souvent dans mes peintures.
Nous vivons à une époque où les gens regardent toujours vers le bas. Vers nos téléphones, nos pieds, nos emplois du temps. Cette peinture est un doux rappel de lever les yeux. De faire une pause. De laisser la journée se terminer en douceur. Si l'œuvre porte un message, c'est que le calme est toujours là, attendant d'être remarqué.
Chaque marque dans mon travail est intentionnelle. Cela ne signifie pas que tout est prémédité, mais je reste présent à chaque décision au fur et à mesure qu'elle se produit. Même les erreurs ont de la valeur. Elles font partie du processus et m'apprennent souvent plus que les parties qui se déroulent sans heurts. L'intention laisse une trace. C'est comme une empreinte digitale, ma propre empreinte, spécifique à moi, et bien que la plupart des gens ne la voient peut-être pas directement, je crois qu'ils peuvent la ressentir dans l'œuvre finie.
Je sais qu'un tableau est terminé lorsque je ne peux plus y ajouter quelque chose qui le modifierait de manière significative. J'ai soit résolu les défis, soit je les ai acceptés. Quand ce moment arrive, je lâche le travail et passe à la toile suivante, emportant les leçons apprises.
~Jeff



